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Une Ford Taunus au bord de la mer dans le Morbihan !

Avant, l’automobile et le camping étaient bien plus libres et ludiques qu’aujourd’hui. Mais ça, c’était avant…

La photo ci-dessus représente la Ford Taunus 12 M et la caravane Sterckeman Lovely de mes parents en 1966.

Appareil-Photo-Kodak-Starlet - Copyright-inconnu

Appareil-Photo-Kodak-Starlet – Copyright-inconnu

Je l’ai prise au Magouër, juste en face du port d’Étel, avec le petit  Kodak Starlet reçu au Noël précédent. Un site encore assez peu fréquenté où le camping sauvage n’était pas réglementé.

Citroën-DS-Fantomas - 2015 - Saint-Malo - Photo-Thierry-Le-Bras

Citroën-DS-Fantomas – 2015 – Saint-Malo – Photo-Thierry-Le-Bras

Nous étions au cœur du tourbillon des sixties, une époque formidable où tout paraissait possible. Le temps de SLC Salut Les Copains, des transistors, celui où nous pensions qu’en l’an 2000, les voitures se déplaceraient en volant et que la croissance aurait résolu tous les problèmes économiques ainsi que les fractures idéologiques. L’optimisme des trente glorieuses…

Week-ends de rêve

Une vie de milliardaire ? Non, mieux, une vie libre. Du samedi après-midi au dimanche soir, nous nous installions au bord de la plage. Une autorisation négociée avec le propriétaire moyennant une somme raisonnable permettait de séjourner sur ce magnifique terrain aussi longtemps que mes parents le souhaitaient. Sympa non ? La plage était agréable  et les baignades possibles à marée haute. Les petites routes des alentours étaient propices aux balades à vélo. Le soir dans la caravane, je lisais volontiers des livres, BD et magazines  parlant de course auto (Jim Clark par Jim Clark, Michel Vaillant, le cahier compétition du magazine L’Automobile). Des plaisirs interdits aujourd’hui. Celui qui stationnerait aussi près du rivage serait chassé en moins d’une heure par des gendarmes appliquant la  tacatatactique du gendarme chantée par Bourvil, ou agressé, au moins verbalement, par des malotrus se prenant pour des défenseurs de la nature après avoir lâchement abandonné les résidus de leur pique-nique sur la plage

Caravane-Sterckeman-Lovely-Miniature - Copyright-inconnu

Caravane-Sterckeman-Lovely-Miniature – Copyright-inconnu

Les camping-cars n’étaient pas encore à la mode à cette époque. Les caravanes étaient plus prisées, au point d’être reproduites en miniatures. Notre résidence secondaire à la mer était cette caravane que mes parents avaient achetée aux concessionnaires Sterckeman de la région lorientaise où nous habitions alors. Des gens charmants avec qui ils avaient sympathisé. De mon côté, j’étais devenu copain avec leur fils, un peu plus jeune que moi, mais super sympa et qui partageait ma passion de tout ce qui roulait. Bon, en attendant de pouvoir conduire les Lotus, Ford GT40 ou Cooper S de nos rêves, nous nous contentions de les collectionner au 1/43 et de faire la course sur un circuit Scalextric. Des pratiques qui nous mettaient au moins à l’abri des radars sournois, PV, pertes de points et punitions fiscales qui, plus tard, pourriraient la vie des automobilistes.

Cette année-là au Mans, ce fut la raison du plus Ford

En 1966, j’étais en 6ème et j’avais choisi le métier que j’exercerais plus tard. Je serais évidemment pilote automobile ! A moi les Grands-Prix en Lotus, les 24 Heures du Mans en Ford MKII, le Monte-Carlo en Cooper S !

Cooper-S - 1975 - Rallye-d-Armor - Photo- Thierry-Le-Bras

Cooper-S – 1975 – Rallye-d-Armor – Photo- Thierry-Le-Bras

Pas question par contre de rouler en Ferrari, ah non alors.

Fiat-600- Copyright-inconnu

Fiat-600- Copyright-inconnu

J’allais régulièrement au garage Fiat de Lorient avec ma mère qui possédait une 600. Le garage vendait aussi des Ferrari (rarement) et le représentant avait eu la gentillesse de me montrer des documentations des voitures arborant le cheval cabré. Mais ce que je préférais voir dans les locaux, c’était les cabriolets Fiat 1300 et 1500 cabriolets.

J’avais toujours entendu qu’Enzo Ferrari maltraitait ses pilotes. Beaucoup plus tard, je lirais l’opinion tranchée d’Olivier Gendebien : « Hitler et Mussolini, des enfants de chœur à côté d’Enzo Ferrari ». Je me suis toujours rappelé comment l’écurie Ferrari avait poussé  John Surtees dehors en 1966. Lamentable, indigne, ignoble. Je suis content quand un de mes pilotes préférés gagne, même si c’est avec une Ferrari. Je reconnais que la firme italienne a produit de très beaux modèles, à commencer par la Daytona GTB4, mais je n’ai jamais aimé Ferrari…

Ford-roi-du-Mans-1966 - 2004 - Photo-Thierry-Le-Bras

Ford-roi-du-Mans-1966 – 2004 – Photo-Thierry-Le-Bras

En 1966, j’étais donc ravi que Ford arrive au Mans avec une armada déterminée à décimer les rouges. Le résultat m’a comblé. Bruce McLaren – Chris Amon vainqueurs sur la magnifique GT40 noire, c’était géant ! En plus, Ford réalisait le triplé.

Ford-GT40-MKII -Le-Mans-66- Mebetoys-1-43 - Photo-Thierry-Le-Bras

Ford-GT40-MKII -Le-Mans-66- Mebetoys-1-43 – Photo-Thierry-Le-Bras

Et je me réjouirais de posséder bientôt une GT40 miniature au 1/43ème, même non fidèle à la couleur de la voiture de Bruce McLaren – Chris Amon !

Ford-Taunus-12M - Caravane-Sterckeman-Lovely - 1966 - Photo-Thierry-Le-Bras

Ford-Taunus-12M – Caravane-Sterckeman-Lovely – 1966 – Photo-Thierry-Le-Bras

Or, Ford, c’était la marque dans laquelle roulait mon père ! Sa 12M n’était pas une voiture sportive et elle n’affichait pas les performances flamboyantes des Cortina Lotus que pilotèrent quelques-uns des meilleurs pilotes de l’époque dont Jim Clark. Mais un exemplaire de ce modèle qui était alors le plus populaire de Ford en Europe battit tout de même 106 records du monde sur la piste de Miramas en 1963. L’opération était organisée conjointement par Ford France et BP. La voiture couvrirait allègrement 300.000 kilomètres entre le 10 juillet et le 4 novembre 1963. Le record absolu d’endurance détenu par la Citroën Rosalie serait battu, tout comme celui des 41 jours établi par une Simca Ariane. Une performance d’autant plus remarquable que la Taunus avait connu un sérieux accident aux environs des 200.000 kilomètres. Un de ses pilotes s’était endormi au volant pendant un relais de nuit. Elle effectua plusieurs tonneaux et poursuivit sa route dans un état chiffonné. SPORT AUTO consacra un article à l’exploit dans son numéro de décembre 1963.

Shelby-Cobra-Daytona - 2003 - Paris - Photo-Thierry-Le-Bras

Shelby-Cobra-Daytona – 2003 – Paris – Photo-Thierry-Le-Bras

Devenu auteur de romans et nouvelles,  toujours aussi passionné de course automobile et de sports mécaniques en général, j’ai voulu offrir à mes lecteurs une immersion dans l’atmosphère enthousiaste et insouciante de 1966. C’est la raison qui m’a amené à écrire des scénarii dans ce contexte, des histoires vintage et gourmandes dont une se termine aux 24 Heures du Mans avec une autre Ford, la fabuleuse Shelby Cobra Daytona. Le personnage principal est un adolescent qui jouit pleinement de la liberté des sixties.

Ford-Taunus-20M-TS - Saint-Malo - Photo-Thierry-Le-Bras

Ford-Taunus-20M-TS – Saint-Malo – Photo-Thierry-Le-Bras

Son père roule en Taunus 20 M TS. Et, rêve absolu pour tout jeune garçon normalement constitué à cette époque, il se lie d’amitié avec Xavier, un jeune pilote professionnel qui court au Mans et brigue la victoire en GT !

QUELQUES LIENS A SUIVRE

DESIGNMOTEUR raconte la victoire de Ford au Mans en 1966 http://www.designmoteur.com/2016/06/ford-gt40-victoire-24-heures-du-mans-1966/

Le Mans 66, une belle histoire et un film ! http://circuitmortel.com/?p=3869 

MINI contre FERRARI : vous pariez sur qui ? http://circuitmortel.com/2018/10/ronnie-le-mat-matte-ferrari/

Humour mécanique à la sauce Vintage 1966 http://circuitmortel.com/2016/09/50-ans-de-recettes-automobiles-et-gastronomiques/

Un loto où 100% des pilotes gagnent du plaisir https://bit.ly/2OMPg80

Thierry Le Bras

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