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13 jours, ou le retour de Michel Vaillant en F1

Nous avons l’habitude depuis toujours de voir le plus titré des pilotes français au volant de voitures de la marque familiale, Vaillante. Révolution dans cet album où Michel va piloter une… Renault.

J’avoue deux surprises de taille à la découverte de cet excellent album.

D’abord, je ne pensais pas que Michel reviendrait en F1. Pourquoi ? Pas seulement à cause des difficultés traversées par la famille Vaillant depuis le début de la saison 2. Ni à cause de son âge, car après avoir couru contre Fangio, Moss, Clark, Stewart, Senna, Schumacher, voici Michel aux prises avec Hamilton, Verstappen, Leclerc, qui dans un univers terrestre pourraient être ses petits-fils. Mais nous sommes dans une BD, une fiction et, comme le dit Obélix à la fin des 12 travaux d’Asterix, tout est permis.

Vaillante-Ford- MKIV - Copyright-inconnu

Vaillante-Ford- MKIV – Copyright-inconnu

Pas non plus parce que voir Michel au volant d’une voiture ne portant pas le logo Vaillante paraissait définitivement impossible. Après tout, Michel a déjà piloté des Vaillante propulsées par d’autres moteurs, notamment issus de chez Ford. Certes, nous avions vu Michel Vaillant pilotant une Ford MK IV à Sebring dans Massacre pour un moteur en 1971, mais il s’agissait tout de même d’une voiture siglée Vaillante et Ford dont le moteur était censé être un V12 Vaillante.

Michel-Vaillant-en-Alfa-Romeo-Montreal

Michel-Vaillant-en-Alfa-Romeo-Montréal

Et si nous voyons Michel piloter une moto BMW lors d’un retour à Macao, c’est dans des poursuites hors compétition. Un peu comme dans San Francisco Circus où Michel et Steve roulent en Alfa Romeo Montreal le temps d’une poursuite dans les rues de la ville.

Non, en vérité, si je ne croyais pas au retour de Michel au volant d’une F1, c’était avant tout à cause du formatage de la formule dite reine du sport automobile. Je n’imaginais pas que les organisateurs de la F1 accepteraient de voir un personnage de fiction venir se mêler à leurs jeux. Et je doutais que certains personnages capricieux et starisés laisseraient un pilote n’existant que dans le monde parallèle de la bande dessinée lutter avec eux sur le circuit d’un Grand-Prix. Mes doutes s’appliquaient à quelques pilotes en activité, mais aussi aux patrons d’écuries qui les font rouler et aux médias qui diffusent les courses.

Une tuile pour Nico

L’irrationnel est bien présent dans le monde pourtant scientifique et technologique de la course automobile. Plusieurs scènes d’albums de Michel Vaillant y font allusion. On se rappellera par exemple une perte de puissance providentielle due à la force d’esprit du Leader qui sauve Michel d’un grave accident dans les Hunaudières (cf La prisonnière)..

Il est par ailleurs permis de se demander si les scénaristes de Michel Vaillant ne sont pas devins. Dans Le 13 est au départ (1960), trois Vaillante qui occupent les trois premières places des 24 Heures du Mans franchissent ensemble la ligne d’arrivée comme le feront les trois Ford MKII au Mans 1966 après avoir terrassé Ferrari. Dans Rebellion, André Lotterer et sa Porsche connaissent une course compliquée pas si éloignée de ce qui allait vraiment leur arriver dans la Sarthe. Et dans Macao, l’enfer du décor,  un crash perturbe la course, un peu comme dans la réalité.

Nico-Hülkenberg-séance-de-sport - Source-FB-Noco-Hülkenberg

Nico-Hülkenberg-séance-de-sport – Source-FB-Noco-Hülkenberg

Dans 13 jours, Nico Hülkenberg se trouve privé du volant de sa Renault de Formule 1. Hélas, ça aussi, c’est arrivé. Mais dans la BD, ce ne sera que pour un Grand-Prix, à cause d’un accident survenu pendant un jogging qui entraînera quinze jours d’indisponibilité. Or, le problème survient treize jours avant le Grand-Prix de France sur le Circuit du Castelet.

Michel-et-Jean-Pierre-Vaillant - Source-FB-Michel-Vaillant

Michel-et-Jean-Pierre-Vaillant – Source-FB-Michel-Vaillant

Cyril Abiteboul propose à Michel de remplacer Nico. Dans un premier temps, il va refuser, trouvant le challenge trop difficile en si peu de temps. Puis, encouragé par Françoise et par une apparition de son frère Jean-Pierre la nuit précédente, il change d’avis et relève le défi.

Et maintenant ?

Verrons-nous des Vaillante F1 motorisées par Renault dans un prochain album ? Pourquoi pas. Renault a souvent motorisé d’autres écuries, alors le scénario semble séduisant.

Renault-F1-2019 -source- FB-Nico-Hülkenberg

Renault-F1-2019 -source- FB-Nico-Hülkenberg

13 jours est le huitième album de la saison 2 de Michel Vaillant. Il marque probablement une transition. Après les premiers albums posant la nouvelle identité de la famille Vaillant, après la trahison d’Ethan Dasz qui lui fait tout perdre, après le réveil et la volonté de revanche affichés dans Renaissance, Rebellion et Macao, nous retrouvons un Michel Vaillant qui ne rêve que d’en découdre à nouveau en Formule 1.

Le scénario est toujours signé par Philippe Graton et Denis Lapière. Les dessins sont réalisés par Benjamin Benéteau et Vincent Dutreuil. Nous retrouvons les couleurs plus sombres qui caractérisent la saison 2 par rapport à la première. L’album dégage une impression de qualité, presque de luxe, comme les précédents. Et le célèbre Vroooaaaaarrrr des bolides sauvages retrouve toute sa signification.

Par contre, et c’est dans ce sens que j’évoque un épisode de transition, les affaires financières et judiciaires ne sont pas présentes dans le scénario contrairement aux précédents. Pas d’allusion aux procès à venir contre le financier Ethan Dasz. Pas d’histoire de famille non plus. Ni les parents Vaillant, ni Jean-Michel, ni Patrick, ni Agnès n’apparaissent. L’histoire se focalise sur le retour de Michel au volant d’une Formule 1. Un prélude à des albums installant Michel au volant d’une Vaillante F1 ? Sans doute.

Michel-et-Françoise-Vaillant-13-jours- Source-FB-Michel-Vaillant

Michel-et-Françoise-Vaillant-13-jours- Source-FB-Michel-Vaillant

L’histoire raconte deux problématiques. Celle du retour d’un sportif de haut après une interruption. Le champion se croit souvent meilleur qu’au moment de son arrêt. Est-ce vrai ? A-t-il conservé les qualités qui le faisaient gagner ? Retrouvera-t-il son niveau ? Il faudra beaucoup de sacrifices, d’efforts, d’entraînements, de volonté. Or, treize jours, c’est court, très court. Michel Vaillant en est conscient. Mais n’oublions pas qu’il fait partie des plus grands champions de l’histoire du sport automobile. Un extra-terrestre soutenu par une femme de caractère, Françoise.

Michel-Vaillant-sur-Renault- Source- FB-Michel-Vaillant

Michel-Vaillant-sur-Renault- Source- FB-Michel-Vaillant

Autre thème, les coulisses de la F1 d’aujourd’hui, les simulateurs, les réglementations très strictes limitant les essais privés, la manière très précise de travailler pendant un week-end de course, la gestion des pneumatiques, les stratégies de course au sein d’un team.

Inutile de préciser que Michel Vaillant ne se sangle pas dans le baquet d’une Formule 1 pour faire de la figuration et qu’il réapprend très vite. Ceux de ma génération qui l’ont découvert au temps de Jim Clark le verront sans doute bientôt à le lutte pour le titre avec Max Verstappen et Charles Leclerc. Et nous nous dirons avec une pointe de nostalgie mêlée d’amusement et d’amertume, il a de la chance, il vieillit drôlement moins vite que nous… Miracle de la BD où tout est permis !

Michel-Vaillant-13-jours-Couverture

Michel-Vaillant-13-jours-Couverture

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher votre plaisir au moment de la lecture de l’album. Une critique ? Légère, et elle ne s’adresse pas à la fiction. J’observerai simplement que Nico Hülkenberg et Daniel Ricciardo auraient certainement adoré disposer d’une monoplace aussi bien née et performante que la Renault F1 de 13 jours… Mais ça, c’est une autre histoire.

Renault-F1-pour-Michel-Vaillant

Renault-F1-pour-Michel-Vaillant

N’hésitez pas à offrir, ou vous offrir 13 jours, une BD qui comble le lecteur passionné de course automobile, de fictions sportives, d’œuvres autour des sports mécaniques !

QUELQUES LIENS

DESIGNMOTEUR présente la Renault Mégane IV RS 280 EDC https://gotmdm.com/driving/2018/08/renault-megane-iv-rs-280-edc-lorange-pressee/

D’autres notes consacrées à Michel Vaillant http://circuitmortel.com/tag/michel-vaillant/

Des fictions automobiles illustrées http://circuitmortel.com/cat/fiction/

Saveurs d’avocats à la sauce « humour judiciaire ». Un produit de saison préparé en respectant les traditions https://bit.ly/34m1idL

Quelques livres signés Thierry Le Bras https://bit.ly/2FYZvnp

Thierry Le Bras

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