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Kevin Petit roule sur la piste de son frère !

Kevin Petit a progressé à pas de géant depuis le portrait que nous lui avions consacré en janvier 2017. Spécialiste de la course de côte, il a conquis en 2018 son premier titre en remportant le Challenge Open Formule Renault disputé sur les épreuves du Championnat de France de la Montagne.

Tous les amateurs de courses de côtes connaissent le patronyme Petit. Il y eut Gérard, le père, qui courut longtemps au plus haut niveau, pilotant des prototypes puis des F 3000. Ensuite arriva Sébastien, le fils aîné, désormais double Champion de France de la montagne. Et maintenant Kevin, le frère cadet (22 ans) qui trouve à son tour la trajectoire des victoires et pilote sa monoplace avec une efficacité redoutable.

Kevin-Petit - 2018 - remise-des-prix-fin-de-saison - © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit – 2018 – remise-des-prix-fin-de-saison – © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Toujours cordial et de bonne humeur, Kevin est pourtant un jeune homme très occupé. L’Isérois mène de front études, emploi inhérent à une formation en alternance, sport – il est très impliqué dans une équipe de volley, préparation physique générale et course automobile. Sans oublier les contraintes de l’intersaison, recherche de budget, de la voiture, travaux sur le matériel. «  Je ne m’ennuie pas, reconnaît-il. J’ai appris avec les années à mieux gérer le fait de superposer tous ces éléments et un peu de vie privée mais il faut toujours réussir à mettre des choses de côté et gérer les priorités. Avec du recul, je crois que la course est très souvent ma priorité ! »

Aller chercher les victoires

La première victoire représente un jour particulier dans la vie d’un pilote.

« Ma première victoire restera vraiment gravée dans ma tête. C’était à la course de côte d’Abreschviller, la deuxième épreuve de la saison 2017. En 2016 j’avais fait ma première course avec la Formule Renault sur ce même tracé et j’avais à cœur de signer un bon résultat une année plus tard. Après un super week-end et de superbes batailles, j’arrive à décrocher ma première victoire. Vraiment un moment inoubliable surtout grâce à l’équipe qui m’a largement soutenu tout le weekend et félicité à son terme. »

Kevin Petit

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2000 - 2017- Bagnols-Sabran - © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2000 – 2017- Bagnols-Sabran – © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

D’autres ne tarderont pas à suivre.

« La saison 2017 s’est soldée par 4 victoires et 7 podiums sur 8 courses et une seconde place au challenge open Formule Renault. »

Kevin Petit

Le pilote isérois conserve des souvenirs très forts de cette année où il entra dans le club des vainqueurs de catégorie. D’autant que son frère Sébastien conquit son premier titre de Champion de France de la montagne.

« La course de côte de Chamrousse reste le plus beau souvenir de cette saison 2017 et je dirai même mon plus beau souvenir en course de côte, au même titre que l’épreuve du Col Saint Pierre en 2018 avec la première victoire européenne de mon frère puisqu’après plusieurs années d’acharnement, Sébastien a réussi à décrocher son premier titre de Champion de France de la montagne, C’était un réel moment de fête au sein de l’équipe et un souvenir inoubliable. »

Kevin Petit

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2000 - 2017- Limonest - © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2000 – 2017- Limonest – © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Fin 2017, Kevin veut continuer à progresser. Il lui faut une nouvelle monture. Toujours une voiture ouverte bien sûr. Un petit pincement au cœur au moment de se séparer de la compagne des premières victoires. « C’est sûr que c’était émouvant, reconnaît-il. Mais l’excitation de découvrir de nouvelles sensations au volant d’une nouvelle voiture a vite pris le dessus ! »

Les voitures de course vieillissent, un peu comme les humains. Un jour, des modèles plus jeunes, plus musclés, mieux campés sur leurs appuis, viennent pousser vers la retraite ou des résultats moins ambitieux les vainqueurs d’hier. Kevin devait changer de voiture.

« Après 2 années au volant d’une Formule Renault de 2004, il était temps d’évoluer. Plusieurs choix s’offraient à moi mais bien évidemment le budget restait un frein énorme et m’obligeait à ne pas bruler les étapes. J’ai donc avec l’équipe décidé de m’orienter sur une nouvelle Formule Renault de 2013 puisque celle-ci me permettait de m’habituer à de nouvelles technologies comme les palettes au volant, tout en pilotant une voiture des plus saines et qui me permettait donc de continuer à apprendre avec un rythme plus élevé. »

Kevin Petit

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2013 - 2018- La-Pommeraye-1 - © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2013 – 2018- La-Pommeraye-1 – © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2013 - 2018- La-Pommeraye-2 - © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2013 – 2018- La-Pommeraye-2 – © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Les rapports d’un pilote avec sa voiture relèvent de l’affectif. Elle représente bien plus qu’un objet. Elle deviendra la complice des temps forts comme des moments difficiles. Au point de lui parler ?

« J’avoue que ça m’arrive… Avant un départ pour la motiver, après une victoire pour la féliciter, après un mauvais résultat pour tout lui mettre sur le dos (car évidemment ce n’est pas de ma faute, ahah), mais j’ai entièrement conscience que c’est un peu fou ! »

Kevin Petit

Un changement de machine représente toujours un pari. « La mise au point d’une FR 2.0 en côte est compliquée, reconnaît Kevin, comme chaque voiture issue du circuit, Mais avec une équipe comme la nôtre, j’avoue que ça s’est plutôt très bien passé. Merci à Seb, mon papa, Gillou et Angello pour ça. »

En outre, pas question d’accumuler les kilomètres sur circuit afin d’adapter la monoplace à son pilotage. « A mon sens ça serait une erreur. Avant chaque début de saison nous allons en effet faire quelques tours de circuit, mais je dirais que c’est plutôt pour se remettre dans le bain, se reconcentrer. Mais en aucun cas, rouler sur circuit peut m’apprendre à régler une voiture pour la côte et aller plus vite en course de côte car ce sont deux mondes complétement différents. »

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2013 - 2018- Saint-Goueno - © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit- Tatuus-FR-2013 – 2018- Saint-Goueno – © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

 Le vainqueur du Challenge Open Formule Renault disputé sur les épreuves du Championnat de France de la Montagne 2018 a démontré la justesse de son analyse au vu des résultats.

« Raconter ma saison en intégralité serait vraiment long puisqu’en vérité elle n’est faite que de temps forts, que de moments inoubliables entre la victoire de mon frère sur une course européenne, son titre de champion de France, le mien et celui de notre coéquipier Julien en CN2, Sans oublier les bonnes prestations de Christian et Philippe Schmitter dans la catégorie reine des voitures fermées. Au-delà de ça, l’ambiance dans l’équipe, les coups de pression, les rigolades, les soirées et les moments de complicité auront fait de cette année l’une des plus belles que j’ai vécues en course de côte. »

Kevin Petit

Kevin-Petit - 2018 - Podium-Abrechviller- © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit – 2018 – Podium-Abrechviller- © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin se montre modeste lorsqu’il évoque son pilotage. « Je ne saurais pas le décrire, expose-t-il. Je ne prétends pas avoir de qualités particulières à part d’être vraiment bien entouré par toute l’équipe et d’être à l’écoute et curieux de conseils. Seb (NDLR :son frère) me donne énormément de conseils donc en effet, j’apprends beaucoup de choses de lui autant au niveau du pilotage que de la gestion extérieure de la course et de la vie en général. »

Il révèle par contre volontiers son tracé préféré

« Pour différentes raisons, mon coup de cœur date de cette année avec la course de côte de Turckheim. Tout d’abord les six kilomètres du tracé font de cette épreuve une des plus compliquée physiquement, Mais ce sont six kilomètres de plaisir et c’est sûr que ça laisse des souvenirs. De plus c’est un tracé super varié avec des portions rapides, des plus lentes, des freinages en appui et des enchainements en 4 ou il faut garder un filet de gaz… Bref, un tracé complet qui demande une constante adaptation. »

Kevin Petit

Le sens de l’équipe et de la famille

Toujours modeste quand il se raconte, Kevin devient intarissable lorsqu’il évoque son équipe et sa famille. Même lorsqu’il ne court pas lui-même, il vient sur les épreuves. « J’ai toujours voulu suivre mon frère sur ses courses pour l’aider et aider le team. Plus les années passent moins je peux le faire car j’arrive à faire de plus en plus de courses, mais une chose est sûre c’est que si je peux, je viens l’aider ».

Kevin-Petit - Sébastien-Petit - 2018 - © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit – Sébastien-Petit – 2018 – © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

 Parallèlement, il tire une grande force du soutien de Sébastien et du team. Au point de renverser la tendance après un week-end commencé difficilement à la dernière course de la saison (4 secondes de retard à la première montée d’essai). Il y montrera sa capacité à apprendre vite, à progresser de façon spectaculaire de montée en montée au point de s’imposer nettement dans sa catégorie. Nul doute que son frère joue efficacement le rôle de coach auprès de lui. Leur lien familial favorise la transmission de l’expérience.

« J’en suis certain, oui. l est clair que je jouis d’une chance inouïe d’avoir un frère champion de France, qui plus est, n’est pas avare de conseils et sait comment me parler. Et il n’est pas le seul. Psychologiquement il faut savoir se dire que même avec 4 secondes, tout est encore jouable. Je n’oublierais jamais cette course ou en pré-grille j’étais un peu démotivé d’être si loin de la gagne, je ne pensais pas pouvoir me rapprocher. Et à deux minutes du départ je vois une foule de polos Team Petit débarquer vers la voiture. Tous mes potes étaient là… à me faire confiance et croire en moi. Gillou m’a tapé le casque. Il adore faire ça quand je suis moins motivé. Mon neveu Axel m’a tapé la main. Et là je me suis dit que j’en étais capable. Cette victoire je leur dois de a à z car sans eux, je n’y serais pas arrivé… Et pour être honnête, c’est le cas pour toutes les courses que j’ai faites, ce sont toutes des victoires d’équipe ! »

Kevin Petit

Au Mont-Dore par exemple, Kevin ne roule pas. « Je n’ai pas participé à toutes les courses cette année, Il ne faut pas brûler les étapes et faire une ou deux courses de plus par an représente déjà une opportunité énorme. Et aussi car au niveau organisation cela n’était pas possible. Le team avait besoin de moi en mécano. »

Appartenir à un team lui a offert une opportunité intéressante, celle de disputer une course en prototype.

« J’ai eu l’incroyable chance de participer à une course avec le proto CN2 de mon frère qui est habituellement piloté par Julien. Un week-end merveilleux et je remercie une centième fois mon frère pour ce cadeau complétement dingue. Ce qui était drôle, c’est que nous n’avions pas vraiment prévu ce week-end, et niveau organisation, on n’était pas au top non plus, ahah. Pas de siège adapté, j’ai roulé avec des mousses, pas d’essais sur circuit car trop juste pour le mettre œuvre, des pneus déjà usés. Mais j’ai encore une fois été super bien encadré et finalement tout s’est vraiment bien passé et j’en suis vraiment très content. »

Kevin Petit

Kevin-Petit - 2018 -Abrechviller -1- © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Kevin-Petit – 2018 -Abrechviller -1- © Sylvie-Phiphi-Bouchereau

Le cadeau suivant ne sera pas tout de suite une épreuve au volant de l’auto du Champion de France en titre, son frère Sébastien. « J’ai pourtant bien proposé à Seb d’échanger les voitures pour une course, plaisante Kevin. Mais pour des raisons que je n’arrive pas à expliquer, il n’était pas très chaud ! Ceci-dit, il m’a quand même laissé ramener le proto 3 litres du parc fermé jusqu’au camion à Osnabrück et j’avoue que ça m’a largement suffi ! »

Le brillant pilote isérois n’oublie pas ceux qui concourent à la pratique de son sport.

« Je dirai que j’ai juste envie de rappeler à tous que la course automobile parait être un sport individuel mais c’est entièrement l’inverse. Ce titre de champion de France en Formule Renault, je le dois à mes partenaires (DEA/LK Distribution, Tec’Chim, Avon, L’Air Froid, L’auto-école de Servenoble, les autocars GTV, DD Concept, Gt2i, CroisiEurope, Motul, Jack Racing miniature, Studio Grafix et le garage Callon.), à ma famille, à l’ensemble de l’équipe, à tous mes amis, aux officiels, organisateurs, commissaires, ambulanciers, promoteurs qui sont présents pour nous permettre de rouler dans des conditions parfaites sur chacune des courses. »

Kevin Petit

Décidé à poursuivre son ascension

Jusqu’où ira Kevin Petit ? En commentant une de ses photos sur Facebook l’an dernier, j’avais mentionné qu’un jour il deviendrait Champion de France (toutes catégories) comme son frère aîné, et pourquoi pas champion d’Europe et vainqueur de Pikes Peak ?

Kevin ne se projette pas si loin. Il ne se voit pas trop en électrique. « Jamais de la vie ! Une voiture de course, ça fait du bruit ! ». Il n’exclut pas des incursions dans d’autres disciplines que la côte. « Pourquoi pas si des occasions se présentent, mais ce n’est pas le cas actuellement et l’objectif principal reste la course de côte. » Pour l’heure, il construit méthodiquement les fondations de sa carrière. « Je préfère vivre saison après saison, j’ai des rêves mais pas de projets pour le moment. »

Tatuus-Formula-Master - 2019- © Damien- Dodille

Tatuus-Formula-Master – 2019- © Damien- Dodille

La prochaine étape sera la saison 2019. Avec quelle voiture ? Une Tatuus Formula Master développant 260 cv pour 490 kilos. Une monoplace avec laquelle il visera la gagne en groupe DE.

Avec quel programme ? « Rien n’est confirmé pour le moment d’autant plus que le budget n’est pas encore bouclé, répond Kevin. La recherche dure toute l’année mais le plus gros se fait à l’intersaison, j’en saurai réellement plus bientôt. »

Ce sera l’occasion pour nous de revenir sur Kevin, un des pilotes que nous suivons !

QUELQUES LIENS

La page Facebook de Kevin Petit https://www.facebook.com/profile.php?id=100010454798314

« La patte de chat – Course de côte », une page Facebook de Sylvie Bouchereau que nous remercions vivement pour les photographies qui illustrent cette note https://www.facebook.com/Lapattedechatcoursedecote/?fref=nf&pnref=story

En 2017, nous avions mis en ligne un premier portrait de Kevin http://circuitmortel.com/2017/01/fils-et-frere-de-rois-de-la-montagne-kevin-petit-se-lance-a-lassaut-des-sommets/

DESIGNMOTEUR présente une Porsche aussi exceptionnelle que ses aînées https://timedm.com/2018/11/porsche-911-type-992-carrera-4s/

 Flash-back au temps où l’auteur de ces lignes roulait lui-même en course de côte… Première victoire en VW Golf GTI http://circuitmortel.com/2018/11/premiere-victoire-en-vw-golf-gti/

 Thierry Le Bras

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