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Des œuvres d’art automobile signées Giorgetto Giugiaro

A mon sens, l’automobile mérite le qualificatif d’œuvre d’art. Pour le cap des cent notes sur Circuitmortel.com (auxquelles il convient d’ajouter les 689 chroniques en ligne sur la version initiale du blog qui continue à fonctionner en complément de celle-ci), je vous propose de partager quelques-uns de mes coups de cœurs automobiles.

Le designer travaille la carrosserie d’une belle de route comme un sculpteur imprime son âme dans la matérialisation de sa créativité. L’artiste produit une émotion chez celui qui découvre l’œuvre achevée. A l’instar d’un tableau, d’une sculpture, d’une photo, d’un roman, d’un film, d’une musique, la carrosserie séduit, enchante, ensorcèle… A moins qu’elle choque, qu’elle irrite. Attirance ou répulsion, amour inconditionnel ou détestation, tant que le spectateur ne reste pas indifférent, l’artiste a réussi son défi, projeter son âme dans son œuvre, créer le choc. Il a touché les admirateurs. Tant pis si des détracteurs se manifestent.

Revel-Tavet - VW-Golf-GTI - 1981 - Rallye-Touraine - Photo -Thierry-Le-Bras

Revel-Tavet – VW-Golf-GTI – 1981 – Rallye-Touraine – Photo -Thierry-Le-Bras

Dans toutes les disciplines, chacun s’oriente vers des artistes qui recueillent ses préférences. Je me suis aperçu récemment que parmi les voitures qui m’ont sensibilisé à diverses époques (et qui continuent à m’obséder) figurent plusieurs modèles signés Giorgetto Giugiaro. Une fascination non exclusive car j’adore également des marques pour lesquelles le génie Italien n’a pas travaillé (notamment BMW, et BMC au temps de la Cooper S des sixties). Pour la centième note sur la deuxième version de CIRCUIT MORTEL, je tenais à mettre en ligne quelque chose de particulier. Alors, j’ai choisi d’évoquer avec des photos de modèles dessinés par Giugiaro. Des voitures très différentes, qui ne se ressemblent pas, mais qui possèdent toutes un charme particulier, une capacité inexplicable  à faire monter les cœurs en zone rouge dès le premier coup d’œil.

Simca 1200 S, la petite auto qui s’est musclée au fil des ans

L’origine du modèle remonte à 1961. Je me rappelle l’avoir vue dans les magazines automobiles vers 1965 et avoir possédé à cette époque une très jolie reproduction au 1/43ème signée Norev.

Simca-1200-S- Photo-Thierry-Le-Bras

Simca-1200-S- Photo-Thierry-Le-Bras

Née pour concurrencer la Renault Caravelle, elle s’affirmera aussi une rivale du coupé Fiat 850 qui reprendra son allure générale. Les années passent et la Simca se muscle, comme un minime qui se prépare à jouer dans la cour des grands. Le moteur 944 cm3 issu de la Simca 1000 est remplacé par un 1204 cm3 en 1967. Le sigle 1200 S se substitue au 1000 d’origine. Le look devient plus agressif. Il ne s’agit plus d’une voiture visant principalement les femmes élégantes, mais d’un modèle qui affirme son identité sportive et cherche à conquérir de jeunes clients amoureux de vitesse. La puissance passe de 52 à 80 chevaux, puis 85 en 1970.

Fiorentino - Simca-1200-S - Copyright-inconnu

Fiorentino – Simca-1200-S – Copyright-inconnu

Simca conçoit un prototype qui sera confié à Bernard Fiorentino lors de plusieurs rallyes. La machine n’a plus grand-chose à voir avec le modèle de série. Elle est équipée d’un moteur 1800 cm3. L’ensemble se révèle performant. Il sera cependant abandonné au profit d’un programme CG, la petite GT – parfois déclinée en barquette – disposant il est vrai d’un meilleur potentiel. La Simca 1200 S poursuivra cependant sa carrière – notamment en course de côte dans la catégorie groupe 3 moins de 1300 cm3 – plusieurs saisons après la fin de sa production. Elle permettait alors à des pilotes peu fortunés de viser des victoires de classe avec un matériel abordable. Dans plusieurs fictions, Ronnie, personnage secondaire d’un de mes univers de romans, pilote d’ailleurs une Simca 1200 S avec une fougue remarquée et un sens de l’attaque incontestable. Allez, je me laisse aller à une confidence. Ronnie a été conçu avec l’espoir qu’il deviendra un jour un personnage de BD. Il faudrait pour cela qu’un dessinateur se laisse séduire par le projet. Mais qui sait si le joli coupé Simca 1200 S qu’il pilote dans certaines aventures ne contribuera pas à ce projet ? En attendant, vous pouvez retrouver la 1200 S de Ronnie dans un feuilleton estival illustré de photos ICI http://bit.ly/1TFRLlK

L’Alfa Romeo 2000 GTV Bertone

La voiture parfaite ! Une des plus belles automobiles jamais construites à mon humble avis. Une sculpture réalisée par un tout jeune artiste de 22 ans qui signe là un authentique chez d’œuvre.

Alfa-Romeo-2000-GTV-Bertone - 2012 - Montée-historique -Saint-Germain-sur-Ille - Photo-Thierry-Le-Bras

Alfa-Romeo-2000-GTV-Bertone – 2012 – Montée-historique -Saint-Germain-sur-Ille – Photo-Thierry-Le-Bras

L’auto ne saurait nier sa filiation avec les coupés Sprint 2000 et 2600 de 1960 et 1961. C’était la volonté de Bertone. Elle fut respectée par Giorgetto Giugiaro qui travaillait alors pour lui. Le slogan qui accompagnera son lancement traduira l’esprit de l’œuvre : « sculptée par le vent ». La première version de ce coupé d’exception fut commercialisée en 1963 avec un moteur 1600 cm3 Le modèle recevrait plusieurs motorisations au cours des années qui suivirent. La version la plus musclée, la plus performante, la plus exceptionnelle, apparaitra fin 1971, équipée d’un moteur de 1962 cm3 développant 132 chevaux de série.

Alfa-Romeo-2000-GTV-Bertone - Tour-Auto - Photo-Thierry-Le-Bras

Alfa-Romeo-2000-GTV-Bertone – Tour-Auto – Photo-Thierry-Le-Bras

Je consacrerai très prochainement une note complète à ce bijou et je ne manquerai de vous indiquer le lien pour la lire, à moins que je ne la mette en ligne directement ici. Cette voiture possède une qualité autre que sa beauté intrinsèque, son tempérament de guerrière. De 1973 à 1977, des coupés Alfa 2000 GTV se sont illustrés en course de côte, en rallye et en circuit. Des champions tels que Guy Fréquelin, Bernard Béguin ou Gérard Larrousse l’ont sublimée. Des gentlemen drivers tels que Marcel Grué l’ont imposée dans sa catégorie. Sans oublier Christian Rio, Christian Galopin, Roland Imbert et beaucoup d’autres encore. Je lui ai assuré une place de choix dans un univers de fiction. Cette voiture reste chère à mon cœur. Dans quelques romans et nouvelles, elle contribue à l’ascension de Freddy Vivien jusqu’à la F1 ainsi qu’à la reconnaissance d’Éric Trélor comme gentleman driver de haut niveau http://bit.ly/1i6dakx

VW Golf GTI, la star de toute une génération

La Golf « série 1 » fut d’abord une voiture destinée à Monsieur tout le monde, ce qui n’a rien de déshonorant. Présentée en 1974, elle séduisit au-delà de ce qu’attendait son constructeur. Un succès logique car la voiture réunit les arguments de l’industrie allemande et le charme italien. Sûre, incassable, facile à conduire, la Golf fut aussi une très jolie voiture grâce au talent de Giorgetto Giugiaro.

Thierry-Le-Bras - VW - Golf -GTI - 1977 - Pluméliau - Photo - Team-TLB

Thierry-Le-Bras – VW – Golf -GTI – 1977 – Pluméliau – Photo – Team-TLB

Les amateurs de compétition et de performance se rappellent surtout la version GTI. Pourquoi choisir une VW Golf GTI dès sa sortie à l’automne 1976 ? Je l’ai expliqué dans une chronique en ligne ICI http://bit.ly/2cjhbqI . J’ai fait parte de ceux qui l’ont choisie pour courir dès sa sortie. Je ne l’ai pas regretté. Elle m’a remercié en m’offrant pendant plusieurs saisons la possibilité de remporter des victoires de catégorie !

Chasseuil-Baron - VW-Golf-GTI - 1981 - Rallye-Touraine - Photo -Thierry-Le-Bras

Chasseuil-Baron – VW-Golf-GTI – 1981 – Rallye-Touraine – Photo -Thierry-Le-Bras

La Golf GTI, c’’est la synthèse de tout ce que j’aime. Une voiture particulièrement performante dotée de surcroît d’un dessin agréable. Une auto exceptionnellement performante. En 1981 au Rallye de Touraine par exemple, celle confiée à l’équipage Chasseuil – Baron s’imposa en groupe 1 devant toutes les 2 litres, Opel Kadett GTE et Ford Escort 2000 RS. La Golf GTI tient dans l’histoire du sport automobile une place qui ressemble fort à celle de la R8 Gordini. D’ailleurs, au début de sa commercialisation, les GTIstes s’adressaient des appels de phares lorsqu’ils se croisaient, exactement comme les Gordinistes quelques années plus tôt.

La Gof GTI apparaît dans un de mes univers de fiction. Philippe et Laurent Georjan vont disputer deux saisons de rallye au volant d’une groupe 2 confiée par un groupement de concessionnaires. Parmi leurs principaux adversaires, l’éternel rival pas très honnête, pathologiquement jaloux, habitué des coups bas. Une rivalité exacerbée abordée ICI http://bit.ly/1PjidUd en attendant que je la raconte plus complètement sur le Net ou/et sur papier. Je signale d’ailleurs qu’un autre chapitre de la guerre entre Philippe et Brice au volant de voitures de la même catégorie est déjà en ligne ICI http://0z.fr/110Cx

VW Scirocco, portée par un vent de folie

Ces années-là, un vent de folie souffla sur VW. Un souffle de modernité aussi. L’éternelle Coccinelle, d’ailleurs fort vaillante et particulièrement sympathique, se préparait à s’effacer au profit de nouveaux mythes. La Golf bien sûr, et le coupé Scirocco. Ma mère étant devenue propriétaire d’une Scirocco TS en 1976, j’ai naturellement eu l’occasion de l’essayer et d’apprécier ses qualités. C’était la troisième voiture dessinée par Giugiaro qui arrivait dans la famille après le coupé Alfa Roméo 2000 GTV de mon père et une AlfaSud que j’avais possédée durant un peu plus d’un an et demi après une Austin 1275 GT.

Alain-Briand - VW-Scirocco-groupe-2 1980 - CC-Saint-Gouëno - Photo-Thierry-Le-Bras

Alain-Briand – VW-Scirocco-groupe-2 1980 – CC-Saint-Gouëno – Photo-Thierry-Le-Bras

La Scirocco se distingua par un design très réussi, mais pas seulement. Elle fit aussi carrière en compétition. Plus longue, plus lourde, plus chère aussi que la Golf, elle se distingua plutôt en groupe 2. Parmi les pilotes français qui l’engagèrent en course de côte figure le Breton Alain Briand qui avait déjà osé des voitures originales, notamment une Hillman Imp groupe 2. En 1980, il courut avec le superbe coupé Scirocco ci-dessus.

Quelques autres Scirocco préparés en groupe 2 apparurent dans l’Hexagone. Malheureusement, la Scirocco groupe 2 ne convainquit pas autant de pilotes que son potentiel pouvait le laisser espérer. Je me souviens d’un reportage la présentant sur Échappement au printemps 1978. Les journalistes de chez Hommel l’avaient testée sur le circuit Paul Ricard. Ce jour-là, Didier Pironi était en essai sur la même piste pour Renault car il allait courir – et remporter – Le Mans sur une Alpine Renault A 442 B. Les journalistes d’Échappement lui proposèrent d’essayer la Scirocco groupe 2. Un d’eux monta à côté. Il fut stupéfait du potentiel de la machine entre les mains de Didier qui fut, il est vrai, un des plus formidables pilotes de l’histoire du sport automobile.

VW-Scirocco-groupe-2 1981 - CC-du-Mont-Dore - Photo-Thierry-Le-Bras

VW-Scirocco-groupe-2 1981 – CC-du-Mont-Dore – Photo-Thierry-Le-Bras

Lorsque j’ai découvert ce reportage, j’effectuais mes obligations militaires à l’ESAT à Cesson Sévigné. J’ai lu et relu l’article. Didier Pironi était déjà mon pilote préféré et cela m’a peut-être influencé. J’ai rêvé d’une Scirocco groupe 2 pour la saison 1979. J’avais pris goût aux victoires de classe avec la Golf GTI groupe 1. Je me voyais partir à la conquête des victoires de groupe avec sa sœur plus musclée. Je pensais que la Scirocco étant belle et relativement rare, elle serait un formidable vecteur de communication pour des sponsors. Piloter une « traction » ne me dérangeait guère. J’avais déjà l’expérience de la GTI groupe 1 (je devais d’ailleurs continuer à piloter des Golf et je disputerais plusieurs années plus tard les 24 Heures de Paris  sur  une Visa groupe  B). Hélas, le prix des pièces et des heures de main d’œuvre à prévoir eurent raison de mon enthousiasme. Les résultats de la chasse aux sponsors ne permettraient pas de monter une Scirocco. Je choisis donc de disputer la saison 1979 en groupe  1, mais en ajoutant des rallyes à mon programme initialement axé sur les courses de côtes. Mais à chaque fois que j’ai vu une Scirocco groupe 2 en course, je me suis dit que cette bagnole avait vraiment une sacrée gueule.

Lotus Esprit, née au temps de la gloire sportive de Colin Chapman

1970, Jochen Rindt est sacré champion du monde de F1 sur Lotus. 1972, après une année de transition pour Colin Chapman, Emerson Fiitipaldi remporte le titre suprême au volant d’une Lotus.

Lotus-Esprit-Essex- Turbo

Lotus-Esprit-Essex- Turbo

Le génie de colin Chapman est reconnu. Les titres de ses pilotes, Clark, Hill, Rindt et Fittipaldi, ont assuré une renommée mondiale à la marque anglaise. Lotus sait produire des voitures de série, des modèles très sportifs. Colin Chapman s’est associé avec Ford afin de métamorphoser la Cortina une bête de course, Et il a fabriqué des GT fidèles à son image de concepteur de machines rapides et légères. Après la Seven et l’Élite, l’Elan ainsi que l’Europe ont marqué le passage à une maturité et un niveau de qualité intéressants. Il est temps pour la firme anglaise d’accéder  au stade supérieur avec une GT plus ambitieuse.

Lotus-Esprit - 1993 - Le-Mans - Copyright-inconnu

Lotus-Esprit – 1993 – Le-Mans – Copyright-inconnu

Le premier prototype sera dévoilé au salon de Turin 1972. Giorgetto Giugiaro a sculpté une ligne en coin avec l’avant très bas et très pointu. Ce dessin confère à la Lotus Esprit un look agressif qui sied particulièrement bien à un modèle ambitieux. Agile et dotée d’une excellente tenue de route, la GT Lotus ne manque pas d’arguments. Le modèle est mis en vente au Salon de Paris 1976. Seul regret, son moteur ne développe que 160 cv. En 1980, une série limitée aux couleurs Essex, partenaire de Lotus en F1, reçoit un moteur Turbo de 210 cv. Mais il faudra attendre 1993 pour qu’une version Esprit Sport 300 permette à cette superbe voiture d’aller affronter les autres GT prestigieuses sur les pistes des Championnats nationaux et internationaux. Puis en 1995 enfin, l’Esprit reçoit un V8 bi-turbo de 354 cv. Le châssis supporte la puissance sans aucun problème. Quel dommage que Lotus ne se soit pas attaché plus tôt à la carrière sportive de sa GT. Car à quoi sert une Supercar si elle ne se frotte pas à ses rivales sur circuit ?

La course automobile est un sport de combat. Même les plus belles conquièrent leurs lettres de noblesse dans un stadium, sur un ring, devant un juge de paix comme par exemple Spa qui arbitre les joutes. Tous les modèles que j’ai sélectionnés ici allient élégance et performance. Tout ce que j’aime !!!

QUELQUES LIENS

DESIGNMOTEUR présente la VW Golf GTI vue du baquet du pilote http://www.designmoteur.com/2016/04/vw-golf-gti-annees-70/

De jeunes pilotes pleins d’enthousiasme chassent les victoires avec une Simca 1200 S et une Alfa Romeo 2000 GTV http://bit.ly/2bAFnbr

Pilote officiel Alfa Romeo le temps d’un rêve http://bit.ly/1nGocrQ

La Lotus Esprit star sur grand écran avec Richard Grieco http://bit.ly/1MJglo6

Monaco : des diamants sur la piste http://bit.ly/27WyKW8

Thierry Le Bras

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